Quantcast
Channel: l'armoire essentielle
People Here Also Viewed:
Viewing all articles
Browse latest Browse all 361

A la faveur de l’été

0
0

Je reviens de longues vacances. Du blog, du boulot et surtout de moi-même.

Durant cette pause, cerveau, téléphone et ordi le plus souvent déconnectés, j’ai constaté que ma garde-robe n’était plus du tout une priorité. Ce n’était même plus réellement un sujet de pensée. 

Le fait que je ne sais pas m’habiller quand il fait chaud ? Pas grave, je faisais avec, je portais non-stop mon short ou mon pantalon noir, hyperléger et infroissable (« infroissable », très important pour rassurer la psychorigide déstabilisée par la chaleur). Mon obsession d’un nouveau sac ? Envolée en constatant que ma besace en cuir taupe est parfaite pour faire la touriste et que, quand il fait très chaud, je préfère carrément utiliser un simple sac en toile (sachant que par ailleurs mon idéal de vie absolu est d’être une fille badass qui ne porte pas de sac du tout, genre Trinity dans « Matrix »). Les deux pantalons en lin achetés en espérant qu’ils fassent de moi une fille estivale ? Un semi-échec : pas du tout infroissable, le pantalon en lin, donc mauvais pour le mental de la psychorigide. Mais l’un de ces deux pantalons, noir (on ne se refait pas), large, avec un lien à la taille façon pantalon thaïlandais, m’a tout de même bien dépannée ces jours de canicule où mon cerveau était tellement fondu que j’en oubliais d’être une coincée du pli.

En croisant plusieurs robes chemises et pantalons chinos légers durant les vacances, j’ai suspecté que ça pourrait être ça, ma solution d’été. Cela dit, je n’ai fait aucun effort pour chercher à en trouver qui m’iraient. Je me suis dit que si je devais trouver, je trouverais.



Ce fut d’ailleurs une de mes leçons de l’été. La flemme, la paresse, le « moins on en fait, mieux c’est », sont bons conseillers. C’est quand je m’agite, que je m’épuise à trouver des solutions - vestimentaires ou autres - que je fais des choix idiots. C’est comme ça qu’au détour d’une rue de Lisbonne j’ai enfin trouvé le remplaçant de mon peignoir de bain en coton blanc Princesse Tam Tam qui tombait en poussière après une décennie de loyaux services. Justement le modèle idéal que je ne trouvais pas quand je le cherchais frénétiquement à Paris en faisant toutes les boutiques possibles. 

C’est aussi à Lisbonne que je me suis offert, sur un coup de tête, à dix minutes de la fermeture de la boutique, le nu-pieds immémorial (TM Balibulle) dont je rêvais depuis des années, sans oser me l’offrir, en achetant à la place mille substituts soi-disants moins chers mais dont les montants combinés s’élèvent à bien plus que celui des sandales en question. Un cadeau tardif pour mes 40 ans.

Bref, cet été fut une nouvelle fois l’occasion de constater que mon rapport aux vêtements est le plus souvent dicté par la panique, la frustration, les émotions négatives. Que je pense aux vêtements, et que surtout je pense que j’ai besoin de nouveaux vêtements, quand c’est en réalité d’autre chose que j’ai besoin - repos, sérénité, temps passé avec ceux que j’aime. Je déplace le problème, je me raconte des histoires. La vérité étant que, quand je suis sereine, concentrée sur le fait de vivre ma vie, de profiter de mes proches, je suis tout à fait satisfaite de ce que j’ai, de porter quinze fois de suite les mêmes pantalons et t-shirts et que, lorsque achat il y a, je le réalise soudain avec une sûreté de choix absolu. A méditer en cette rentrée…


Jeanne-Aurore







Viewing all articles
Browse latest Browse all 361

Latest Images