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Channel: l'armoire essentielle
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Radin : tout un art… ou vraie addiction ?

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Ma robe neuve et adorée (à gauche) vs. quelques trouvailles d'occase...


Dialogue entre Jeanne-Aurore, lorsqu’elle est venue me voir à Los Angeles, et moi.

Moi : « Ah tiens, j’ai acheté ça, ça et ça chez Crossroads Trading Co, mon dépôt-vente XXL à prix XXS.

Jeanne-Aurore : C’est génial, tu devrais en parler sur le blog.

Moi : Je l’ai déjà fait 250.000 fois.

Jeanne-Aurore : Non, jamais sous cet angle. Tu devrais en parler en disant… par exemple… pourquoi c’est bien d’être radin ! »

??! Ok, j’aurais préféré que ma copine vante mon « art du dépôt-vente », m’enfin, je veux bien accepter ce « c’est bien d’être radin ».


Autre conversation, carrément dans le dépôt-vente en question, entre une vendeuse qui s’amusait de me voir chargée de cintres, et moi.

La vendeuse : « Does your family know ?

Moi : Hein, euh… what ?

La vendeuse : About your shopping addiction ! »

Gloups…


Voilà voilà, je navigue en ce moment entre ces deux regards. D’un côté, celui bienveillant d’une amie qui ne me veut que du bien et voit du sens dans mes trouvailles vestimentaires. De l’autre, celui d’une vendeuse qui ne pensait absolument pas à mal, mais dont la petite blague a visé étonnamment juste puisque, pour tout vous dire, c’était la cinquième fois en trois semaines que je passais chez Crossroads Trading Co (ils ont plusieurs adresses, donc dès que je me trouve à proximité de l’une d’elles…).


Shopper radin a effectivement d’énormes avantages. Financiers, évidemment. Il y a l’excitation de la perle à dégoter. Le plaisir de fouiller, chercher, dénicher. Ensuite, comme il y a zéro pression des vendeuses dans ces grands dépôts-ventes, et que c’est vraiment très très très très peu cher, on ose essayer plus et on ose acheter plus, donc on devient la fille qui a le chouette pull à rayures et bandes fluo roses ;) Il y a plein de stock, plein plein de marques, donc on attrape forcément des pépites.

Mais en réalité, l’addiction qui en résulte est exactement la même que l’addiction à la fast-fashion dont on croyait (dont je croyais !) être largement revenu(e). Le turn-over et la peur de louper quelque chose poussent à revenir plus souvent qu’on ne le devrait. La jubilation des prix bas pousse à être moins regardant. Et on sait bien que tester de nouveaux styles relève en général de la fausse bonne idée : c’est même comme ça que l’on devient la fille qui, finalement, ne sait pas trop quoi faire de son chouette pull à rayures et bandes fluo roses ;) 

C’est pour ça que j’ai dérogé à ma règle de ne plus m’habiller qu’en dépôt-vente, et que suis allée acheter un truc neuf. Là, c’était chez Mohawk, boutique géniale mais chère de Silver Lake. J’y étais passée en compagnie de Jeanne-Aurore et j’avais flashé sur une robe, mais Jeanne-Aurore est quelqu’un de tellement, tellement réfléchi, que l’on n’ose pas trop faire de shopping avec elle : on a trop peur de passer pour une cruche impulsive ;) Cette robe, je n’ai pas cessé d’y penser ensuite, je suis allée la regarder sur Internet, tout ça. Mais je préférais m’en tenir à ma politique de la radine. Quelque temps plus tard, je suis retournée chez Mohawk, cette fois avec ma copine Louise qui, elle, est tout l’inverse de Jeanne-Aurore : une fille qui aime autant que moi Crossroads Trading Co, les bonnes affaires et le shopping en général. Et qui m’a dit : oh mais c’est trop toi, et puis, elle n’est pas si chère. Bref, j’ai acheté la robe, et j’ai eu le sentiment de l’achat parfait, celui qui se suffit à lui-même, celui qui peut vous remplir tout un mois. Je me suis dit que Crossroads Trading Co, c’était bien, mais pas vraiment pour l’essentiel.


J’ai conscience que mon discours est un peu embrouillé, car il s’y mêle donc plusieurs choses :

- la satisfaction d’avoir ajouté à ma silhouette des pièces d’occase tout simplement formidables, pour lesquelles la bonne affaire n’était finalement que la cerise sur le gâteau…

- l’évidence de cette robe que j’ai payée plus cher, mais sans que cela me dérange, tant elle correspond à ce dont j’avais envie profondément…

- et puis malgré tout, pas forcément des erreurs d’achat, mais des choses peu utiles, ou pas assez faites pour moi, achetées un peu comme ça, en passant. Certaines d’ailleurs que j’ai données à revendre quelques semaines plus tard, accentuant encore ce cercle bizarre, et qui ne m’amuse plus tant que ça à la longue, du « j’achète et - cool - ça ne me coûte presque rien ». Moi qui depuis des années m’applique à faire baisser le nombre de pièces qui entrent dans mon armoire « essentielle » (ah ah ah), voilà que je viens de faire exploser mon quota en quelques mois. 

L’attrait de la bonne affaire, l’Homme le sait depuis l’invention des soldes, c’est la porte ouverte aux excès. Le meilleur moyen de perdre la tête et de dévier de la ligne claire que l’on avait pu se fixer. Bref, me voici radine ET shopping addict. Légèrement enquiquinant ;)

Laure

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