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Channel: l'armoire essentielle
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Avantages et inconvénients d’une double garde-robe

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Quand j’étais plus jeune, que je voyais Kate Moss, Gwyneth Paltrow ou tous ces autres people que j’aimais posséder des maisons aux quatre coins du monde, et du coup, afficher une garde-robe totalement différente selon qu’elles étaient à Londres, à Los Angeles, à New York ou ailleurs, cela me paraissait le pur fantasme. Deux maisons, c’est deux fois plus de vêtements ! Et quand tu es dans l’une, tu t’habilles selon un certain style, puis quand tu passes à l’autre, tu deviens totalement autre chose ! La classe impériale, quand tu as vingt ans ;)

Aujourd’hui, j’ai quelques années de plus, et le brin de sagesse qui va avec, puis surtout, j’ai enfin deux maisons : l’une en France (même si elle est louée par d’autres, j’y ai gardé un placard entier de vêtements), l’autre en Californie. Ce que j’en pense, maintenant que j’en fais réellement l’expérience ?

J’ai déjà parlé en long, en large et en travers de ce truc chouette, c’est que la deuxième maison, celle vers laquelle on va, dans laquelle on est plutôt en transit, est l’occasion de tester enfin ce vieux rêve, la capsule wardrobe. C’est-à-dire de se choisir une poignée de vêtements qu’on adore, mais sans avoir à se débarrasser des autres, puisqu’on les laisse dans la première, et qu’on sait qu’on les retrouvera au retour. L’éternel brainstorming de trier, d’éliminer, d’écrémer se fait moins impératif. La question des doublons taraude moins : l’autre jour, lorsque j’ai parlé des sacs à main que je possédais, je me suis focalisée sur ceux que j’ai à disposition en ce moment, à Los Angeles, mais à vrai dire… j’ai exactement les mêmes (ou presque) à Paris, ce qui me posera bien problème lorsque je rentrerai, et que tout cela me semblera trop, vraiment trop. En attendant, loin des yeux, loin du cœur, et loin du cerveau qui dicte que tout cela n’est franchement pas raisonnable.

Mais il y a une chose plus nouvelle qui m’a frappée, lorsque je suis rentrée dans mon appartement parisien pour Noël. C’est que l’on se retrouve face à des vêtements que l’on n’a pas eu sous le nez depuis longtemps, qui devraient donc avoir l’excitation du neuf, procurer cette fameuse satisfaction du « shop your wardrobe » (shopper dans sa garde-robe), sauf qu’en réalité, ils semblent parfois un petit peu dépassés. Pas en termes de tendances. En termes d’évolution personnelle. Parce qu’on ne rentre pas, après plusieurs mois d’exil, exactement comme on l’était au moment où on est partie. D’ailleurs, voyage ou pas, c’est tout de même le principe de la vie, non, que d’évoluer, d’avancer, se transformer ? C’est aussi pour ça je trouve qu’il est si difficile de se fixer sur une garde-robe parfaitement durable, tant ce côté figé dans le marbre va à l’encontre du flux de l’existence et de l’expérience.

Exemple concret : décembre dernier, après des mois du soleil de Los Angeles, me voici qui retrouve la grisaille parisienne. J’adore ça, ça me va ;) Mais me voici aussi qui retrouve dans mon armoire toute ma panoplie de l’hiver précédent : mes jupes au-dessus du genou ; mes jeans ultra slims ; mes pulls ajustés ; mes bottines à petit talon ; mes Creepers. Une silhouette intemporelle, qui me correspond, me correspondra toujours… sauf que je la porte chaque année avec un petit twist, celui qui a distingué l’hiver 2012 de l’hiver 2013, et qui aurait encore dû distinguer l’hiver 2014. 

D’ailleurs… je ne sais pas trop ce qu’il aurait été, ce twist, si j’étais restée, je sais simplement que là, en bonne Californienne d’adoption, j’avais plutôt envie d’un long jupon par-dessus mon collant opaque, d’un pull confortable, de mes Vans. De quelque chose qui ne m’aurait pas cantonnée à pile-poil cette allure que j’avais adoré porter il y a un an, qui n’aurait pas non plus été son contraire, mais qui en aurait été le prolongement. Le prolongement actualisé

Du coup, je note pour mon prochain retour de bien rapporter les trois-quatre pièces qui viendront se mêler aux anciennes et me permettre de poser sur elles un nouveau regard. En fait, c’est comme quand j’update le disque dur de mon ordi et que je le retrouve un peu transformé, mais pas non plus chamboulé : il s’agit juste de passer de Laure 20.14 à Laure 20.15 ;)

Laure

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