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Channel: l'armoire essentielle
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M comme Moments, M comme Mademoiselle

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Gemma Ward dans "Vogue Paris" en 2005

Moments où je me sens nulle : quand je scrolle les blogs de The Sartorialist, d’Hanneli Mustaparta, de Garance Doré, quand je regarde un docu comme "Mademoiselle C." sur Carine Roitfeld (il est sorti il y a déjà quelques semaines, mais je n’avais pas eu le temps d’en parler)… En bref, quand je vois des gens très stylés qui ont l’air de prendre beaucoup de plaisir à être classes (car ils le sont) avec des jupes courtes, serrées, entravées, des talons hauts sur lesquels j’aurais peur de tomber, des pantalons trop collants qui coupent la circulation, des jambes nues en hiver, des décolletés par grand froid, ou même des choses plus agréables, mais dont on sent qu’elles ont demandé une réflexion, une volonté, une ambition. Et je suis toujours prise d’un doute : est-ce que je ne devrais pas, moi aussi, faire l’effort ? 

C’est tout le problème de celles qui, comme moi, sont à ce point prosaïques, terre à terre et pratiques, qu’elles n’aiment que les chaussures dans lesquelles elles peuvent marcher à toute vitesse et les vêtements confortables avant tout adaptés au climat… mais qui, en même temps, sont attirées par le chic, le glamour, le sexy, la créativité, tout ce qui est beau et qui fait le jeu délicieux de la mode. Pendant des années, j’ai été celle qui se compliquait la vie à marcher dans des chaussures peu praticables et à réfléchir chaque matin à une nouvelle idée de style. L’idée m’attire encore, mais je n’y arrive plus. Est-ce le fait de vieillir, d’arriver à ce fameux stade où l’on ose enfin envoyer paître tout ce qui nous empoisonne ? 

Peut-être. En tout cas c’est vraiment ce qui m’a enquiquinée dans "Mademoiselle C." (revenons-y !) : que l’objectif de ce documentaire hagiographique sur Carine Roitfeld soit juste de nous montrer à quel point cette styliste mythique est à la fois sympa, simple et stylée (à Los Angeles, les copains de son fils l’appelaient la Milf, les Proenza Schouler la trouvent trop sexy, and so and so). Ce qui aurait été intéressant aurait été de nous raconter comment, alors que l’on sortait des années 80, hyper vitaminées, hyper épaulées, et que l’on entrait dans les années 90, véritable mur de minimalisme et de casual, elle a réussi, elle, à chambouler "Vogue", Gucci et la mode, imposant des codes toujours en vigueur deux décennies plus tard : ceux d’un style ultra-maîtrisé, d’une sophistication jusqu’au-boutiste, d’une beauté qui sublime autant qu’elle fait souffrir (hello, stilettos !).

Enfin, j’imagine que ces perfusions d’images forcément parfaites, forcément intimidantes sous lesquelles on vit, c’est en gros ce à quoi songeait Jeanne-Aurore lorsqu’elle a opéré sa détox d’icônes… Elle avait bien raison. Encore que je ne sois pas sûre qu’elle ait eu un jour Carine Roitfeld dans sa liste ;)

A few thoughts about Carine Roitfeld and the movie “Mademoiselle C.”… And about all those intimidating figures that make us (or, well, me) feel like nothing because, contrarily to them, I don’t have the courage to wear high stiletto shoes/short sexy dresses/bare legs in winter and so and so… 

L.G. 

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