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Channel: l'armoire essentielle
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"Armoire 2.0" (IV) : Bretagne, garde-robe, gratitude

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Une des choses agréables avec le fait d'avoir réduit mon armoire à une mini garde-robe, c'est que j'arrive enfin à faire ma valise rapidement. Plus besoin de choisir, puisque je n'ai plus le choix. Je prends juste ce qu'il y a dans mon placard - 3 jeans, 3 pulls, quelques t-shirts, mes Nike , je le mets dans la valise. Emballé, c'est pesé. Sûr, tout ça est un peu austère. D'un autre côté, cela fait des années que mon cauchemar récurrent, celui qui me réveille en pleine nuit, est de devoir faire une valise dans la précipitation. L'autre rêve qui me hante étant de devoir repasser mon bac ou écrire ma maîtrise en 24h, mais gardons ça pour un autre billet.

Tout ceci pour dire que, en partance pour la Bretagne la semaine dernière, j'ai fait ma valise en 5 minutes chrono. De l'inédit absolu. Mon mari, lui, est le champion de la valise qui se remplit avant qu'on ai eu le temps de dire "Je me demande quel livre je vais emporter, Hornby ou Austen ?".  Hop une pile de chemises. Hop une pile de polos. Hop une veste. Je parie que, lui, n'a jamais cauchemardé d'avoir à remplir son sac de voyage en vitesse. D'un autre côté, il est incapable de se séparer de sa collection de casquettes souvenir, alors disons que c'est un point partout la balle au centre en ce qui concerne nos névroses vestimentaires respectives.

Pour être très honnête, avant ce départ pour la Bretagne, je n'en pouvais plus de ma garde-robe. Bien sûr, vu au travers du prisme du blog, toute mes histoires d'armoire essentielle, de "capsule wardrobe", un joli terme pour rendre le projet encore plus désirable, ça a l'air absolument formidable. Cela me donne l'allure de la fille qui se prend en main. Qui a enfin décidé d'en découdre avec son éternel cycle achat/purge, achat/purge. Et c'est vrai. Mon désir d'armoire essentielle émane de quelque chose de crucial pour moi, et dans le bons jours, je trouve ça beau, je trouve ça magnifique, je trouve que je suis Sally Field dans "Norma Rae", Redford et Hoffman dans "Les hommes du président" : la femme qui va changer le monde à coup de chaussettes et t-shirts.

Et, il y les matins, il y a les matins, comme ceux qui ont précédé mon départ, où
je. 
n'en. 
peux. 
plus. 
de. 
ce. 
p*****.
de. 
pull. 
V. 
taupe.

Ces matins-là, c'est la psychorigide en moi qui sauve la mise. Je me suis mise au défi, pas question de me renier. Pas question de craquer. Redford et Hoffman peuvent être fiers de moi. Alors j'enfile mon p***** de pull et je me dis que ça va bientôt faire 4 mois que je n'ai pas acheté une seule fringue, pas même de chaussettes, et que, à mon petit niveau minuscule et risible, c'est un exploit.

En Bretagne, j'ai soudain envisagé ma garde-robe sous un autre angle. Je ne sais pas si c'est la présence de l'océan atlantique au réveil chaque matin ou le régime strict composé de crêpes et poules en chocolat, mais quelque chose s'est débloqué en moi. Décrispé. En déballant mes affaires, ces affaires que je porte depuis des mois et qui parfois me portent sur les nerfs, j'ai eu la sensation de les redécouvrir. Le pull noir avec sa large encolure et ses pans façon liquette que j'enfile sans réfléchir. Le p***** de pull V qui va avec tout et qui est tellement doux que je peux dormir avec. Le t-shirt blanc made in USA qui se glisse si facilement sous le pull V. L'étole doudou offerte par ma mère. Ma doudoune sans manches, mon dernier achat en 2013, qui ne prend pas de place dans la valise. Mes lunettes de soleil, achetées en pensant qu'elles feraient un formidable anticernes et qui font effectivement un formidable anticernes.

De la frustration, je suis passée à la gratitude. La gratitude d'avoir tout simplement quelque chose à me mettre sur le dos. Gratitude que mon plus gros défi dans la vie, en ce moment, ce soit de régler une relation difficile à mon apparence. Et p***** de gratitude quand il s'est mis à faire froid et que j'ai pu empiler mon pull V, mon grand gilet, ma doudoune et mon étole pour aller faire un tour à la plage avec mon fils. Lequel, d'ailleurs, semble se moquer radicalement de la monotonie de mes tenues tant que je suis capable de lui faire ma meilleure imitation de Flash McQueen.

Calmée - sans doute l'effet rebond de tout ce chocolat ingurgité - j'ai aussi eu envie de prendre davantage soin de mes vêtements. De les aérer au soleil (il paraît que c'est un blanchisseur naturel pour les tissus clairs grisés par les lavages). De reconsidérer aussi certains achats que j'avais planifiés pour commencer à constituer ma "garde-robe idéale 2.0.". Par exemple le haut rayé. Certes j'en ai repéré un très charmant dans la nouvelle collection Eileen Fisher. Mais celui que je possède déjà, trouvé dans un dépôt vente, made In Portugal, avec ses jolis détails de pans asymétriques, de tissu rayé cousu sur l'envers pour que les traits paraissent estompés, a-t-il vraiment besoin d'être remplacé ?

Robert, Dustin, soyez vraiment fiers. La Bretagne m'a réussi. Je suis rentrée à Paris, j'ai re-défait ma valise et j'étais très contente de ce que j'y voyais. Et quand j'ai été tentée, parce que le blues du retour à la ville m'avait gagné, d'aller acheter un truc, n'importe quel truc, pour me remonter, je ne l'ai pas fait. Je pense que ça mérite largement une grande tape dans le dos et un "You go girl", ou quelque chose de ce genre.

Before I left for Brittany last week, I was frankly sick and tired of my mini-wardrobe. Could not see it anymore. Wanted to trash and burn it. Months and months of wearing the same taupe V-neck will do that to a person. But then, blame it on the pure, fresh, Atlantic ocean air and my healthy diet of Easter chocolate and crêpes covered in jam, something clicked, something loosened. Instead of frustration, I felt gratitude for my small wardrobe that had, for the first time ever in my life, permitted me to pack in 5 minutes flat. And that, all tired that I may be with it, covers all my needs, keeps me safe from the cold and the sun, and is, when you look at it, okay. So I decided that okay was good enough. That I don't need perfect. That, in the end, no one really cares what I wear or not. It's not my profession to look fashionable or perfectly put together- I'm not Victoria Beckham. As long as I look clean enough and don't smell bad, I think people will not really care if I repeat outfits or not. So why should I?

J.A.C.





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