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    Deux photos originales du style des années 90 + un visuel American Apparel de "ma" robe

    Longtemps, j’ai eu une théorie : c’est que si tu as porté un vêtement, ou un style, dix, quinze ou vingt ans plus tôt, et que tu as arrêté, eh bien, ce n’est jamais une bonne idée de renouer avec dix, quinze ou vingt ans plus tard. Bon, ça, c’était quand j’avais tout un tas de certitudes et les théories qui allaient avec ;) Je me suis aperçue que c’était du grand n’importe quoi lorsque je me suis remise à remettre des Vans. Et l’expérience aujourd’hui de ma nouvelle robe noire le confirme.

    Flash-back. Nous sommes dans les années 90 et je trouve chez Zara une robe noire qui copiait celles que faisait Calvin Klein à l’époque : un peu tente, mi-mollet, avec des poches, à la fois relax et confortable mais d’un minimalisme élégant. Typiquement nineties, disons. Je l’ai adorée, je l’ai portée, portée, portée, mais les achats Zara n’étant pas réputés pour constituer des investissements longue durée, j’ai fini par m’en débarrasser. Je l’ai longtemps regrettée : pas celle-là, précisément, mais son style. Jusqu’à ce que je tombe sur celle d’American Apparel : même forme tente, et un tissu nettement plus agréable, au passage. Elle me procure la même sensation de liberté que je ressentais déjà à l’époque, me fait la même silhouette fluide, sans la moindre fioriture… Nineties, évidemment, mais là où il y avait du fashion hier, il y a aujourd’hui de l’intemporel. La robe parfaite (pour moi). Quel que soit l’âge ou l’époque.

    L.G.


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  • 11/13/14--22:00: Uniforme
  • Voilà ce qui s'appelle, littéralement, se regarder le nombril. 

    L’autre jour, Laure se posait la question de savoir si le principe de la capsule wardrobe correspondait vraiment à sa nature. Et elle a raison de remettre le principe en question : il n’existe pas de solution universelle, il s’agit avant tout de trouver ce qui fonctionne pour soi, quels que soient les domaines (bouffe, boulot, armoire, amours). Et pour moi, l’angoissée de l’abondance de choix,  la capsule wardrobe fonctionne plus que mieux.

    Ces derniers mois, j’ai « détoxé » tout ce que j’ai pu. Mes milliers d’images d’inspiration, mon it-bag (revendu le mois dernier), mes achats compulsifs des dernières années (revendus eux aussi). J’en suis enfin arrivée à ce que je recherchais à travers mon projet d’armoire 2.0. : repartir à zéro, avec une garde-robe réduite à l’essentiel.

    En ce moment, pour la première depuis, eh bien depuis toujours, je suis contente d’ouvrir mon placard le matin. Je n’y vois que des vêtements que j’adore, que j’ai envie de porter, qui me font me sentir bien. Je n’aurais jamais pensé pouvoir ressentir cette plénitude vestimentaire – mais oui, soyons mélodramatiques – avec si peu à porter. Parce qu’en ce moment, voilà avec quoi je tourne (sans compter les pyjamas et affaires de sport) :

    -       une dizaine de t-shirts (manches longues + courtes)
    -       quelques pulls (grosso modo : 2 à col rond, 1 à col V, 2-3 cardigan, 2 cols roulés)
    -       2 jeans slim (1 brut, 1 gris)
    -       1 pantalon cigarette noir
    -       1 blazer marine
    -       2 manteaux (1 tweed chiné gris, 1 noir)
    -       3 paires de boots noires (1 plate chic, 1 fourrée sport, 1 à talons hauts)
    -       1 paire de baskets

    Et c’est tout (pour le moment, je n'écarte pas de faire grandir cette armoire). Mes affaires d’été sont rangées à l’abri dans des boîtes en tissu pour ne pas venir me « polluer » la vue quand j’ouvre mon placard. Je ne me rappelle pas la dernière fois que j’ai eu une crise « je n’ai rien à me mettre / je ne sais pas quoi me mettre ». Tout va ensemble, tout est cohérent (désolée si j'ai l'air de faire la fière, c'est juste que j'en ai bavé, enfin, toutes proportions gardées, on est d'accord, pour en arriver là). J’ai trouvé mon uniforme. 

    Ou plutôt, j’ai l’impression de m’être enfin autorisée à accepter que je suis une fille à uniforme, que ma silhouette n’a rien de compliqué, qu’un pull, un top basique, un jean et des boots me suffisent pour me sentir à l’aise au quotidien. Que je fonctionne mieux avec moins. Je pense que je le savais au fond de moi depuis des années mais que ça semblait trop simple pour être honnête. Alors, pour répondre à Laure, la capsule wardrobe ça marche... mais effectivement peut-être qu'elle n'est pas faite pour tout le monde, ou pour tous les styles, ou pour tous les moments de la vie. Et c'est très bien comme ça.

    It took me a while to get here, but I've finally acknowledged that I live best with a uniform and a super small wardrobe of knits, jeans, coats and black boots. 


    J.A.C.




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    Vogue Paris 1990
    Source


    Depuis que je suis passée au court, ma quête d'inspiration s'est déplacée vers les pixie cuts en tous genres. Si Audrey Hepburn ou Jean Seberg constituent les grandes références en la matière, pour moi, le court parfait est celui de Christy Turlington au début des années 90. J'aime bien aussi l'approche naturelle du maquillage ici - juste le teint unifié, un peu de blush bois de rose, et les sourcils et les yeux légèrement redessinés. 

    Jeanne-Aurore





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    Une robe Tory Burch échappée d'une photo de Slim Aarons, un sweat qui aurait pu jouer dans "Grease", des sandales Marni rescapées des années 90, un hoodie et un pantalon méga bien coupés d'Alexander Wang, une pochette Sandro pour mettre au fond de mon sac à main : quelques exemples de mes (bonnes ?) occases...

    Je suis venue avec cette garde-robe méticuleusement pensée et objectivement parfaite (en termes de besoins, j’entends, et au prisme de mes envies). J’en serais volontiers restée là. Mais il y a un phénomène dont je n’avais pas spécialement conscience à Los Angeles… la passion du vintage ! Une religion presque aussi répandue que la scientologie ;) Il y a des dépôts-ventes ou des thrift storesà tous les coins de rue (enfin, surtout dans mon quartier, le très bohème Los Feliz). Certains vendent du vintage vrai de vrai : des robes qui ont pu servir dans des vieux films ou des shows anciens (mon costume d’Halloween était d’ailleurs une blouse de marin rescapée d’un musical des années 70 dont j’ai oublié le nom), tous les sacs à main granny, les nuisettes twenties ou les jupes à taille étranglée pour se concocter un vrai look singulier. Mais ça, ce n’est pas trop mon truc, ça réclame trop d’efforts, appelle un style pas assez nature, pas assez basique, pas assez passe-partout en fait. Et puis bon, j’aime ce qui fait neuf. 

    Or, il y a une chaîne de dépôts-ventes hyper répandue qui s’appelle Crossroads Trading Co. Les magasins sont immenses, les stocks énormes, à l’américaine, et quand on jette un œil rapidement, comme je l’ai fait la première fois, tout semble cheap, incohérent, inutile, pas trié (ça, c’est vrai) ni édité (vrai aussi). 99% de la marchandise ne donne pas envie. Mais les 1% restants… peuvent être assez extras. En fait, il faut fouiller, fouiller, fouiller, ce que, j’avoue, j’adore faire (je ne suis pas venue en Amérique pour trouver de l’or, mais manifestement, j’y cherche assidument un autre genre de pépite). C’est comme ça que je trouve des choses qui me plaisent, dans des marques qui me plaisent, des matériaux qui me plaisent et dans un état qui me plait –parfois même, des choses dont j’avais besoin ! Et quand ça arrive, je suis d’autant plus contente de moi que les prix sont dérisoires (imaginez les robes Marc Jacobs à 22 dollars ou le t-shirt James Perse à 12 – bon, celui-là, je l’ai pris ;)).

    Le plaisir de la quête, de la trouvaille, de la bonne affaire : ça, pour moi, ça a toujours été un cocktail assez explosif. Ce qui fait que je retombe un peu trop à mon goût dans mes vieilles habitudes d’achat compulsif. Celles que j’espérais avoir laissées derrière moi, en France. A nouveau la preuve que même à des milliers de kilomètres, on reste désespérément le (ou la) même.   

    Laure

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  • 11/19/14--01:41: Mes "don't buy"
  • Source 

    Avec Laure, nous avons souvent eu l'occasion dans nos livres de dresser la liste de ces indispensables à toute armoire. L'attrait de telles compilations est irrésistible, surtout si on a un petit côté dictateur du style ce qui, je le crains, est mon cas. Mais j'en viens aujourd'hui à douter de leur utilité. Si d'un côté je reste persuadée de l'attrait universel et intemporel de certains vêtements (la chemise blanche, le col roulé noir), la preuve étant qu'ils ne cessent de revenir dans le vocabulaire de la mode, ma propre confrontation avec l'achat compulsif et les difficultés à accepter mon propre style, m'amènent à penser que ces listes aux allures de diktats constituent davantage un problème qu'une solution. Oui, le trench s'est imposé au fil des décennies comme un must. Mais il se peut que ce ne soit pas un must pour moi, pour vous. Et il se peut qu'en raison de ces fameuses listes vous et moi ayons acheté un trench alors qu'au fond il nous fallait tout autre chose. J'ai d'ailleurs en ce moment dans mon placard un trench entouré de gros points d'interrogation...


    Et puis, en tombant sur cet article sur Grechen’s Closet - toute sa série « The Minimalist Closet est d’ailleurs intéressante – je me suis dit que la vraie liste à faire et suivre, ce ne serait pas une énième « must buy », mais plutôt une « don’t buy ». Une liste de tous ces trucs qui nous attirent mais en réalité sont, à l’usage, atterrants et aberrants pour nous. Tous ces trucs dont on sait du fond des tripes qu’ils ne sont pas pour nous, mais qu’on laisse quand même entrer dans sa vie. Alors voici ma liste à moi, en souhaitant ne plus jamais recroiser une de ces mauvaises idées dans mon placard :

    Le pull à manches courtes Dans l’absolu, j’adore l’idée du pull à col roulé à manches courtes ou du petit pull à col rond et manches ¾. Dans la vraie vie, j’ai soit trop chaud pour les porter, soit trop froid. *

    Le col V profond Un autre idéal que j’adore et que j’ai recommandée à longueur de livre. C’est vrai que c’est beau, un beau col V porté sur peau nue. La réalité étant a) que je n’arrive pas à porter de la laine (ou même du cachemire) à même la peau et que b) je suis hyper fragile de la gorge (« 3615 Mamita, allô »). Donc mon vrai indispensable est davantage le col roulé ou le col rond bien haut.

    Le jean fantaisie Si c’est trop stretch, trop skinny, trop proche du jegging, trop Debbie Harry, s’il y a des marques de délavage vraiment trop artificielles, des petits dessins sur les poches arrière, un logo trop reconnaissable sur la ceinture, ça n’est pas pour moi. Merci aux douze milliards d’erreurs d’achats au rayon jeans qui m’ont appris cette leçon.

    Les épaulettes Ce n’est pas que je sois contre, elles peuvent donner une si belle architecture à un manteau ou une veste. Mais j’ai des épaules larges et carrées, et la vérité c’est que les manteaux et vestes que je préfère dans mon armoire sont dépourvus d’épaulettes et que je trouve que c’est ce qui me va le mieux. Au passage, j’ai dû aussi admettre que je déteste la sensation d’une veste glissée sous un manteau (adieu mon rêve d’adopter le tailleur pantalon comme uniforme).

    La chaussure de lycéenne  J’explique le concept. Pour moi, la chaussure de lycéenne, ce sont tous ces souliers ultra-iconiques et ultraplats. La K-Jacques, la Repetto, la Converse. Des chaussures qui requièrent un joli pied tout jeune et une voûte plantaire en béton. Des trucs que j’adore mais que mes pieds, qui ne se sentent bien qu’avec la sensation d'être "tenus", un minimum de talon et mes semelles orthopédiques (3615 Mamita bis), ne tolèrent pas du tout. Chaque printemps et été je suis tentée, et à chaque fois, il faut que je me rappelle à l’ordre.

    La veste / le manteau sans boutons et/ou poches Oh que c’est beau un blazer sans bouton. Ou un manteau. Le truc sublime sur un podium… mais qui au quotidien devient galère quand le vent souffle et qu’il s’agit que le manteau en question tienne son rôle premier, à savoir tenir chaud en hiver. Idem pour les versions sans poches. Trop beau, trop minimal (la poche, du tissu en trop, retirons, retirons !). Et trop relou, surtout ! On les mets où, ses clés ? Et son kleenex ? Et son téléphone ? Je parle de tout cela en connaissance de cause ayant à de maintes reprises cédé à la beauté de ce type de vêtement. Et n’étant probablement pas à l’abri d’une rechute.

    Le "classic with a twist" Super tentant pour qui se sent coupable de ses goûts barbants. C'est donc le mocassin revu dans une couleur "marrante". La boots cavalière ou la derbies classique cloutées pour faire "rock". Le beau cachemire mais dans une coupe bizarre et asymétrique. Mais grâce à la psychothérapie, j'ai appris qu'il faut s'accepter tel qu'on est, goûts barbants compris.

    Le détail Ah, le fameux détail qui fait tout. La lavallière qui vole au vent sur la blouse en soie. La ceinture sur la veste. Le patch en cuir sur le pull. Autant de trucs qui au bout de cinq minutes me donnent envie de prendre mes ciseaux et les réduire en charpie car ils se prennent dans mon sac, me grattent, me polluent la vue. Ce qui ne m'a pas empêchée, par le passé, d'acheter au moins mille fois un vêtement en raison d'un de ces détails. Evidemment.


    Et vous, des "don't buy"à revendiquer ?


    Jeanne-Aurore


    * Laure me signale qu'à Los Angeles, où la météo passe du chaud au froid en quelques secondes, le pull à manches courtes trouve soudain toute sa pertinence. S'agirait-il donc d'un basique géolocalisé ???




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    Source

    Jeanne-Aurore, à qui j’adore réclamer des idées de posts, me demande… « l’évolution de ton style, décennie après décennie, et ce que chaque étape t’a appris » – rien que ça ! Bon, plutôt que de découper en décennies, j’ai découpé ma vie en âges clé, c’était moins de brainstorming ;) 


    • J’ai 8 ans, je suis très coquette et je raffole des robes, mais je commence à douter (déjà !) : je trouve que ma copine Marion, en jean et sweat-shirt, est plus classe et plus « grande ». Le début d’un long tiraillement entre le girlie d’une part et le tomboy d’autre part… Je n’ai toujours pas réussi à trancher ;)

    • J’ai 13 ans et mon subconscient tranche temporairement de manière radicale : les cheveux ultra courts et je m’habille comme un mec. La boulangère me dit « Que désirez-vous jeune homme ? ». Je sens bien que quelque chose ne va pas, mais en termes fashion, je n’ai pas le mode d’emploi, je ne sais absolument pas comment corriger le tir.

    • J’ai 18 ans, je suis en fac de droit, et je m’habille comme une nonne. Des Doc et du blouson rouge de James Dean dans La Fureur de vivre, je suis passée aux mocassins, aux jupes à mi-mollet, au twin-set et au collier de perles. Je dévalise le catalogue Cyrillus. Là encore, je sens bien que c’est un brin extrême, mais je ne sais pas trop comment faire…

    • J’ai 21 ans et un look dont je me souviens avec beaucoup de nostalgie aujourd’hui : pantalon cigarette, bottines Free Lance et caban Agnès b. Parfois aussi de grandes robes à fleurs, un peu grunge, mais que j’intègre à une silhouette minimaliste. Je crois que je commence enfin à comprendre quelque chose ;) Je dirais même que j’ai trouvé mon style, celui autour duquel je tournais depuis toute petite, avec un peu de masculin, un peu de féminin, et beaucoup d’épure. L’ennui, c’est que je ne le réalise pas, et qu’avant d’y revenir, il va encore me falloir quelques fashion faux-pas.

    • J’ai 23 ans et un total-look Gap des pieds à la tête. Il faut dire que c’est nouveau, c’est américain, donc c’est « aspirationnel ». Je me précipite dès que je vois une promo (ils sont les seuls à en faire un peu toute l’année, à l’époque), que le vêtement m’aille ou pas. Malgré tout, là encore, je doute, le mot total-look (qu’on utilisait très peu avant) commence à être partout dans les magazines, comme une insulte, et j’ai l’impression qu’il me montre du doigt, moi…

    • J’ai 25 ans et des Zara et des H&M géants ont poussé à tous les coins de rue. Je ne résiste pas à cette si tentante fast-fashion : j’y fais des descentes plusieurs fois par semaine, histoire de checker les nouveautés, j’y prends ce qui est moi, ce qui n’est pas moi, j’y prends en me disant « C’est génial », en me disant « C’est pas mal », en me disant « C’est pas cher »… Comme ma penderie commence à exploser, je fais de grands tris saisonniers, j’ai lu que Romy Schneider s’y adonnait, c’est donc que ça doit être une bonne chose ; mais j’ai encore les idées un peu confuses, et une furieuse tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain, me débarrassant aussi des belles pièces… Je m’invente une garde-robe tournante à la fois hyper dispendieuse et qui ne vaudra pas grand-chose au final.

    • J’ai 26 ans et je fais la connaissance de Jeanne-Aurore et des discussions de mode à bâtons rompus. Ma fashion thérapie est en route… Toutes les deux sommes atteintes du même mal consumériste, et ni l’une ni l’autre ne sait trop comment en sortir. Le mot qui nous fascine, notre Graal : capsule wardrobe, nous avons lu ça dans In Style, le magazine américain auquel nous sommes accros, et nous rêverions, nous aussi, de nous composer une capsule wardrobe, minimaliste et chic, comme celle d’une New-Yorkaise. En attendant : on achète.

    • J’ai 29 ans et je suis enceinte de ma première fille. Elle n’est pas encore née que tout change. J’ai envie de choses qui durent, j’ai envie de transmettre. Je fais une croix sur les achats éphémères en profitant de ce gros ventre qui me retient de faire des folies dans la fast-fashion, et j’économise pour ces premières pièces que je chérirai des années. 

    • J’ai 31 ans et je publie mon premier livre avec Jeanne-Aurore : L’armoire idéale des paresseuses. Un guide dans lequel nous donnons toutes les leçons d’optimisation de la garde-robe que nous rêverions d’appliquer, sans encore réellement y arriver ! Il faut dire que c’est la grande époque Sex & the City, les armoires pléthoriques sont à la mode, garanties de pouvoir se composer mille et une silhouettes, autant que Carrie à longueur d’épisode. 

    • J’ai 32 ans et je suis accro au vintage. La faute à notre deuxième livre, Le vintage des paresseuses, à ma crainte du total-look et à mon désir de monter en gamme. C’est bien, au début. Mais après des premiers achats sensés, je perds un peu la tête (comme souvent) et vais vers des choses trop ouvertement datées qui réclament de se « faire un look » - donc de faire un effort. Or, je m’aperçois qu’au contraire, ce qui me plaît, c’est justement l’effortless

    • J’ai 34 ans et Jeanne-Aurore m’initie à Dominique Loreau, auteur japonisante adepte de l’épure extrême. Je complexe beaucoup de ne pas être à sa hauteur, ni à celle de Jeanne-Aurore, qui ne va pas tarder à se lancer dans des purges spectaculaires. A nouveau je me sens tiraillée, entre d’une part ce minimalisme qui me semble à la fois si chic et si pratique, et d’autre part une garde-robe fournie, parce que je reste cette fille coquette et versatile que je suis depuis toute petite. 

    • J’ai 37 ans et trouvé un certain équilibre. Je ne suis plus cette accro au shopping que j’ai pu être, mais je garde le plaisir de la bonne trouvaille. Mon armoire est bien remplie, mais pas non plus trop remplie, et uniquement de choses que j’aime sincèrement. 

    • J’ai 39 ans et pris la décision de m’installer à l’autre bout du monde. J’en profite pour appliquer enfin réellement l’idée de capsule wardrobe qui m’a toujours titillée, et m’en vais avec une valise. Je suis aux anges les premiers mois, la vie me semble facile et légère. Mais assez vite, les pièces restées en France me manquent, pas que j’en aie besoin, juste que j’en ai envie ; et puis, je découvre de nouvelles adresses, de nouvelles griffes, ça m’amuse. Point de grosse folie. Juste l’envie d’un retour à ce ni trop ni trop peu que j’avais atteint… et qui me plaisait bien. 


    Conclusion : on sait tous qu’une garde-robe raconte son propriétaire à l’instant T. Donc voilà, moi, c’est ça, déchirée entre plusieurs tendances, plusieurs désirs, plusieurs possibilités, mais finalement apaisée après avoir accepté l’idée qu’ils pouvaient tous coexister… Tout cela reste néanmoins un work in progress. L’armoire idéale, c’est le chantier de toute une vie !

    Laure

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    Patrick Demarchelier et son intemporelle série mode publiée  
    dans le magazine "Harper's Bazaar" en juillet 1998. 
    Stylisme - Brana Wolf. 
    Scan : l'armoire essentielle.



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    source



    En matière de capsule wardrobe, il y a les anti (ceux qui font un malaise vagal à la suggestion d'un tri dans leur placard), les wannabe (Laure qui aime le concept… mais moins la réalité) et les convertis (moi, je vousen ai parlé récemment). Et, je le redis, c’est bien comme ça : à chacun son truc – même si, je ne vais pas vous mentir, j’ai quand même du mal avec les armoires qui débordent, mais ça c’est un petit problème à régler entre Freud et moi.

    Sans me considérer comme experte sur la question – il y a clairement plus minimaliste que moi, plus extrémiste, plus « capsule wardrobriste » - cela fait en tout cas un an que je vis avec une armoire minimale. Et, bien que je trouve ça formidable, bien que j’adore la liberté et la légèreté que cela me procure, j’avais envie de vous parler de tous ces trucs qui, il n’y a pas d’autres mots pour le dire, craignent quand on passe à une garde-robe réduite.


    C’est moins joli que sur Pinterest Qui n’a pas fantasmé sur ces garde-robes compactes qui alignent, symétriquement et sur fond blanc, les jolis vêtements façon « French chic » ?  Sauf que, ça, c’est la vie idéale. Dans un vrai placard, une capsule wardrobe risque d’être moins esthétique. Et, avec moins d’affaire, les imperfections sautent aux yeux. Quand j’ai démarré mon projet « armoire 2.0.» en début d’année, je me suis retrouvée avec un assortiment de fringues disparates. J’ai ainsi passé plusieurs mois avec des jeans que j’aimais moyennement, des t-shirts qui avaient besoin d’être remplacés, des pulls qui tournaient en boucle et me sortaient par les yeux, une paire de Nike Air qui a fini par me donner la nausée à force de la porter. A mille lieux, donc, du mythe de la French-Girl-avec-majuscules qui se réalise pleinement grâce à son unique pantalon noir parfait. Depuis, mon armoire s'est peu à peu harmonisée, cela dit.

    C’est une cruelle leçon en lâcher-prise Quand on  pense capsule wardrobe, on se dit, idéal réalisé, paradis de la pièce unique, Graal du vêtement. Et, oui, c’est absolument possible de se retrouver avec un placard empli uniquement de vêtements que l’on aime et juge, pour soi, parfaits. Sauf que. Avec moins d’habits, il y a moins de roulement. Avec moins de roulement, plus d’occasions de porter ses pull/jean/chaussures ultimes. Et donc plus d’occasions qu’ils soient ruinés. Porté tous les jours un manteau, même de la plus belle qualité, va s’élimer. Le parfait t-shirt blanc finir par griser. En résumé : moins tu as d’affaires, plus souvent tu les portes, plus vite elles s’usent et il faut savoir faire la paix avec ça. Et résister à l’envie d’acheter tout en quadruple exemplaires.

    C'est le festival de la lessive Avec un placard trop rempli, on n’a parfois « rien à se mettre ». Avec un placard mini on a parfois tout autant rien à se mettre. Mais là, littéralement. Parce que votre unique chemise  blanche n’a pas été repassée et que c’est votre seule pièce habillée. Ou que vous avez eu la flemme de faire une lessive et que vos dix t-shirts sont sales. Bref, il y a clairement des matins où vous êtes à poil devant un placard vide à rêver soudain de piles d’affaires à perte de vue. Et voilà comment on se retrouve à faire des lessives à tour de bras.

    C’est la fin du choix J’avoue que, pour moi, ce point-ci est plutôt positif, dans la mesure où le trop-plein d'options me paralyse et où je suis de toute façon une monomaniaque vestimentaire. En tout cas, avec un placard réduit à sa plus simple expression, impossible d’avoir un matin où l'on veut s’essayer à un autre style, se barder d’accessoires « pour voir ». Parce que, de multitudes de possibilités et d’accessoires, il n’y en a plus. Que vous avez fait le tri dans vos sacs, qu’il ne vous en reste plus que deux ou trois, et que c’est ça et pas autre chose. Donc, même si vous êtes très inventif, même si vous êtes ceinture noire d'associations, avec une capsule wardrobe, grosso modo, vous êtes quand même tout le temps habillé pareil.

    Ca rend le shopping moins fun Avec une garde-robe mini, et surtout l'envie qu'elle reste comme ça, on devient un acheteur, comment dire... je crois que chiant est le mot juste. Le genre de client qui en vient à disserter pendant une heure, devant une vendeuse médusée, sur le fait que la couture de l'épaule d'un t-shirt n'est pas exactement placée au millimètre près là il où faudrait. Le genre de client qui essaye UN jean pendant UNE heure avant de le reposer et de dire "je vais méditer sur la question"(et de revenir ensuite l'essayer TROIS fois avant de prendre une décision). D'une certaine manière, il peu y avoir une petite jouissance limite punk à déjouer ainsi les rouages de l'expérience shopping, à être celui qui va remettre en question l'achat d'impulsion. Il y a des jours aussi où on en vient à se trouver soi-même un peu casse-bonbons et où ce serait cool d'être capable d'acheter une paire de chaussettes sans se demander pendant trois plombes si c'est un achat qui colle avec le concept de capsule wardrobe.

    C'est addictif Malgré toutes ces mises en garde, je ne serais plus capable de revenir en arrière, plus capable d’acheter comme avant, plus capable de vivre avec un portant qui croule sous les affaires. Mais ça, encore une fois, c’est peut-être juste un truc entre Freud et moi.


    The truth about living with a minimal/capsule wardrobe: sometimes, it blows. Why? Because you're capsule wardrobe isn't as pretty as the lovely ones on Pinterest or Polyvore. Because the constant rotation of a few pieces means they have all the more chances of getting ruined. Because you end up doing laundry constantly for fear you might end naked with literally nothing to wear in the morning. Because you don't have multitudes of choices anymore. That being said, I wouldn't go back to a huge wardrobe for anything in the world. 


    Jeanne-Aurore




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  • 11/27/14--00:30: L'art du t-shirt

  • Il y a des années, j’ai lu que dans la famille Jane Birkin / Lou Doillon, on ne portait pas son t-shirt neuf comme ça, bêtement, à peine sorti du sac, mais que d’abord on tirait bien sur le col pour le déformer, sans avoir peur de le déchirer, que c’est limite si on ne le piétinait pas pour le ramollir… Je me souviens m’être mise à faire la même chose et avoir trouvé ça révolutionnaire. Terminé, le t-shirt qui t’étranglait dans le cou et ne faisait pas cool du tout ! Bien sûr, c’était avant l’invention du t-shirt loose, avant l’ère des American Vintage et autres Iro, où l’objet arrive dans la boutique avec l’allure déjà passablement avachie. J’ai gardé cette habitude en cas d’irruption dans mon armoire de t-shirt à ce que j’appelle « la coupe Fruit of the Loom » (= basique, comme ceux de cette marque phare des eighties). En général, il s’agit d’un t-shirt acheté dans une boutique de souvenirs en voyage (mon Elvis). Ou, dans le cas de la photo d’en haut, offert par mon homme, parce que le dessin est celui d’un de mes films et de mes réalisateurs favoris (Le Droit du plus fort, Fassbinder). J’ai juste évité de tirer dessus devant lui : il aurait hurlé ;)

    Laure 


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    Source

    « Je porte souvent des robes de nonnes. »


    C’est la réponse de Delfina Delettrez dans Harper’s Bazaarà la question « Quel est le vêtement le plus audacieux que vous ayez porté ? ». Et ça m’interpelle car, à la grande époque du minimalisme tendance Helmut Lang, je définissais mon style (longues jupes noires, bottes en cuir lacées et hauts à découpes) comme un croisement entre les esthétiques nonne et SM…


    Laure


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  • 12/26/14--11:34: A 2015 !

  • Sur ce joyeux selfie... Nous vous souhaitons de belles fêtes ! Et à l'année prochaine.

    Laure & Jeanne-Aurore



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    Photo Pamela Hanson pour Vogue Paris Mars 1989
    source



    Telle que vous me lisez, je démarre l’année libérééééeee, libéréééééée. (Grâce à ce post l’hymne Disney va vous vriller le cerveau toute la journée. Merci qui ?) Je n’ai pas dit optimiste, car le monde a le don de nous réserver des chiens de sa chienne, et il vient de nous le prouver encore. Mais libérée, oui. Libérée de quoi, se demande-t-on, sachant que je n’étais pas non plus aux fers sur une galère ces dernières années ? Eh bien de tout un tas d’habitudes, de certitudes,  d’attitudes qui avaient finir par me donner l’impression de sentir le renfermé. Voici donc ce que j’ai laissé sur le chemin en 2014 :

    La boulimie culturelle
    Depuis l’adolescence, je me définissais au travers de mon appétit culturel. Livres, films, séries, je dévorais et j’adorais faire la fière avec mes avis sur ces trucs qu’il faut avoir vus/lus. J’aimais bien claironner à qui voulais l’entendre que j’étais cinéphile et j’avais un certain mépris pour ceux qui ne l’étaient pas, ces gens que je pouvais croiser parfois et qui avouaient n’aller au cinéma qu’une ou deux fois par ans (et qui, comble du toupet, semblaient ne pas s’en porter plus mal). Et puis, il y a deux-trois ans, j’ai senti un glissement. Moins envie de cinés, plus envie de terminer certains romans que j’avais entamés. Sensation claustro face à la pile de bouquins achetés, pour faire intello, sur ma table de nuit. Après avoir perdu pas mal de temps à m’en vouloir de ce manque d’appétit, j’ai eu un déclic l’année dernière. J’ai compris que je n’en avais pas fini avec la lecture ou les films, juste que je n’en pouvais plus de les consommer comme pur moyen de me faire mousser l’égo. J’ai donc accepté qu’il y ait désormais des moments où j’ai besoin de faire le vide, d’autres moments où au contraire j’ai besoin de me nourrir. J’ai accepté aussi de fonctionner à l’instinct, lire un livre parce qu’il m’a sauté aux yeux dans une librairie, le laisser en plan s’il me saoule au bout de deux pages (inimaginable auparavant, mon côté bonne élève), voir un film juste parce que j’aime l’affiche ou que l’envie m’en prend, même s’il s’agit d’un infâme nanar. Plus de pile sur ma table de nuit, je fonctionne en « flux tendu » en achetant un seul livre à la fois. Idem pour les séries : j’ai arrêté d’en suivre quinze à la fois (après m’être enfin avoué à moi-même que la plupart de celles que je suivais me tapaient finalement sur les nerfs), je me concentre désormais sur une seule série à la fois, (ces derniers mois « The Mindy Project » puis « Six Feet Under » - mélange des genres).

    Le carré
    Après des années de fidélité au carré, grand saut vers le court. J’étais persuadée de regretter mon choix au bout de trois jours, au lieu de quoi je demande à mon coiffeur de couper encore plus court à chacun de nos rendez-vous (pour le moment il résiste stoïquement à mon désir de l’ultra court à la Jean Seberg). Bref, je suis devenue la fille pénible qui adore sa coupe et n’essaye même pas de faire sa fausse modeste en prétendant qu’elle trouve ses cheveux bof.

    Le fond de teint
    Des années durant, j’étais absolument désarçonnée par ces interviews de filles prétendant ne porter pour seul maquillage « qu’un peu d’anticernes, du blush et du baume pour les lèvres. » Je me disais : « non mais quelles grosses menteuses ! Vous voulez me faire croire que vous sortez dans la rue, devant tout le monde, sans rien d’autre que ça ? » Bref, je criais au scandale et j’étais radicalement incrédule, limite haineuse envers ces « sans fond de teint » ». Sauf qu’en 2014, je suis devenue une de ces filles qui ne portent qu’un peu d’anticernes et de blush (voire du mascara et du gloss pour les grands soirs). Je me suis tout simplement rendu compte – et c’est très ironique pour quelqu’un qui a passé de nombreuses heures sur Internet à lire des avis sur le fond de teint idéal – que je n’aime pas porter de fond de teint. Donc désormais, au quotidien, c’est un peu de Uncover-up de rms beauty sur les cernes, un peu de blush crème Une et basta. Bonheur.

    Le vernis à ongles
    Là, il s’agit moins d’une révélation mystique (cf. le fond de teint) que d’une inévitable conclusion. Contrairement à beaucoup, je suis complètement passée à côté de l’hystérie collective entourant les vernis. C’est à la limite du blocage psychologique : si j’ai les ongles de mains peints, je ne me reconnais plus. J’ai l’impression qu’un corps étranger a pris possession de mes dix doigts. Au plus osais-je un peu de rouge sur les doigts de pieds l’été, mais sinon je m’en tenais à mon vernis incolore. Mais j’ai fini par trouver bizarre d’avoir une couche de vernis (comme un meuble Ikea) sur les ongles. Et puis, au détour d’une manucure, l’esthéticienne m’a fait remarquer qu’à force de vernis, même incolore, mes ongles avaient pris un petit coup. Du coup j’ai arrêté. Et ça ne me manque pas. Je donne un coup de lime régulièrement, je passe un peu d’huile dessus tous les soirs et ce que j’économise en vernis me permet de m’offrir une beauté des mains et pieds (sans pose de vernis hehe) régulièrement.

    Le it-bag
    Cf. mon post sur le sujet. Sac revendu depuis et sans regrets. Nous n’étions pas faits l’un pour l’autre, je lui ai dit merci et au revoir, je suis ravie de savoir qu’il a trouvé une autre maison et fait une heureuse.

    Les routines beauté compliquées
    2014 aura donc été celle de ma « skin odissey ». Et celle , où après avoir tout tenté (mille-feuille, « 100% huile », démaquillage au lait Ciocco à prix d'or), j’en suis revenue aux super basiques recommandés par ma dermato. Bilan à J + 4 mois : ma peau n’a jamais été aussi calme et en bonne forme. En fait, elle voulait juste que je lui fiche la paix.

    L’envie d’être ailleurs/quelqu’un d’autre
    C’est peut-être d’avoir assouvi mon rêve américain par procuration grâce à Laure, mais après des années à pester contre Paris, les Parisiens, les crottes de chien sur les trottoirs, les grossiers personnages qui me marchent sur les pieds dans le métro et à qui je dis  « pardon » parce que je n’arrive pas à faire autrement, je suis arrivée à la conclusion que j’étais plutôt bien là où j’étais. Dans ma ville, dans ma vie. Dans le même ordre d’idée, après des années à rêver d’être une fille cool, de savoir marcher avec des talons au quotidien, de ressembler à mes icônes, j’ai eu juste envie d’accepter que je suis moi, c’est-à-dire une fille tout ce qu’il y a de monotone, qui aime les cols roulés barbants et s’habiller pareil tous les jours. Ce qui fait de moi, au choix, une has been, Steve Jobs (le col roulé barbant) ou une moine bouddhiste hyper sereine qui a enfin appris à prendre la vie avec philosophie.

    A few of things I let go over the course of last year: trying to be someone else, pretending to like foundation and nail polish, my logo-ed it-bag, complicated beauty routines, the thought that I could not wear my hair short.

    Jeanne-Aurore






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    Un autre monde... Une campagne Jil Sander de 1991 shootée par Barry Lategan. Source

    Pas facile de reprendre la plume (enfin, le clavier)… Pas facile non plus de vous souhaiter, comme d’ordinaire, et comme si de rien n’était, une belle, heureuse et douce année 2015, puisqu’elle a justement démarré de la manière la moins ordinaire et la moins belle, la moins heureuse et la moins douce… Mais à vrai dire, vous l’aviez peut-être remarqué à notre silence parfois longue durée, écrire était déjà devenu compliqué avant les fêtes et l’horreur du 7 janvier. Quelques petites explications :

    • Lorsque nous avons entrepris ce blog, Jeanne-Aurore et moi avions envie de prolonger ce travail à deux que nous avions adoré lors de l’écriture de notre livre Ma To-do list – Dressing. Et effectivement, L’armoire essentielle a été l’occasion d’un délicieux ping-pong : discuter des prochaines idées de posts, lire le travail de l’une ou de l’autre, jouer le jeu des questions-réponses… Faire le point sur les nouvelles orientations autour d’un thé… Or ça, le papotage, le thé, depuis que je me suis exilée à L.A, c’est devenu légèrement plus compliqué. Du coup écrire est devenu moins fun. Mais : je suis rentrée à Paris pendant les fêtes, Jeanne-Aurore et moi avons pu de nouveau échanger de visu en éclusant des théières… la flamme s’est rallumée ! 

    • Lors des premiers temps de vie du blog, Jeanne-Aurore et moi en étions à régler tout un tas de problèmes avec notre armoire (et avec notre vie plus largement, forcément). Mettre à plat tous nos doutes, nos difficultés, nos réussites, nos échecs nous a bien aidées. Résultat : deux ans après, nous voici à peu près en paix. Avec notre garde-robe, et avec nous-mêmes. Or, il est nettement plus difficile d’écrire dans la sérénité que quand on a mille choses sur lesquelles se lamenter ! Et puis, on a souvent eu le sentiment de vous avoir suffisamment enquiquinés avec nos petits soucis existentiels et nos énièmes basiques, nos énièmes tris, nos énièmes rechutes. Mais : on a malgré tout toujours des idées, des envies… Y a plus qu’à !

    • Fin 2014, j’étais regonflée à bloc d’avoir retrouvé Jeanne-Aurore. Mon retour parisien était idyllique. Et puis bam, un mercredi et le moral de la France entière a été démoli. Comment penser à autre chose qui ne soit ni dessinateurs décimés, ni Kalachnikov, ni otages et policiers tombés ? Comment oser encore écrire sur des sujets qui semblaient, soudainement, tellement futiles, tellement peu dignes de ces luttes contre le racisme, l’intolérance et la bêtise, pour lesquels d’autres avaient perdu la vie ? Mais : on sait très bien que s’habiller (dans l’acte d’achat, dans le type de vêtement), c’est exposer une idée, un point de vue, un engagement, c’est dire qui on est, ou qui on a envie d’être. C’est faire usage de (et donc défendre) cette liberté pour laquelle il y a eu 17 morts.

    Conclusion : c’est reparti ;)

    Laure

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    Parmi les grands habitués des listes de must-have (le trench, la ballerine, la marinière), ces listes dont Jeanne-Aurore nous a appris qu’on avait le droit de ne pas les respecter, il y en a un avec lequel j’entretiens une relation compliquée : la chemise blanche.

    D’un côté, évidemment que j’ai envie de l’aimer. Elle a sublimé les stars du old Hollywood comme les rédactrices de mode d’aujourd’hui. Elle projette sur le visage un halo de luminosité particulièrement flatteur. Elle donne une élégance innée mâtinée de coolitude absolue. De l’autre… j’ai toujours eu beau en posséder une dans mon armoire (bien sûr, puisque c’est un must-have), j’ai toujours eu énormément de mal à la porter.

    Ma dernière en date m’a été donnée par Jeanne-Aurore : c’est un très beau modèle de Margaret Howell, avec une coupe parfaite, des pattes ingénieuses pour retrousser les manches… Je me souviens que la première fois que je l’ai mise, mon homme, qui pourtant n’est pas du genre à remarquer les vêtements pour eux-mêmes (l’allure qu’ils donnent, oui), m’a félicitée sur ma chemise.

    Malgré ça, je ne l’ai pas tellement ressortie, et j’aurais du mal à dire pourquoi. Est-ce parce qu’elle est « bruyante » (son beau coton bien crisp produit un son de froissement à chaque mouvement) ? Peut-être, mais j’en ai aussi une en crépon parfaitement silencieux que je ne porte pas réellement plus. En fait, je me demande si mon souci avec la chemise blanche n’est pas tout simplement qu’elle soit… blanche. Car je me suis rendue compte récemment que j’adorais enfiler ce modèle en photo, qui est tout souple, d’un blanc un peu grisé (c’est exprès) et à rayures banquier. 

    Donc : oui à la chemise blanche, mais pas trop blanche ?! En attendant, puisque je suis une élève très disciplinée qui n’abandonnera pas un must-have tant qu’il n’a pas été scientifiquement prouvé qu’il n’est pas fait pour elle… j’ai rapporté la chemise Margaret Howell de Paris où je l’avais laissée, afin de lui donner une nouvelle chance à Los Angeles. Qui sait, ici, elle semblera peut-être d’une toute autre couleur.

    Laure


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  • 01/18/15--14:30: La citation du lundi
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    « Je suis assez pointilleuse pour ce qui est de ma garde-robe. Je suis minimaliste : robes bohémiennes l’été, jeans noirs et t-shirts en automne. »


    L’actrice suédoise de Royal Affair, Alicia Vikander, dans le Vogue américain


    « I’m quite precious when it comes to my closet. I’m a minimalist : bohemian dresses in summer, black jeans and t-shirts in fall. »


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    Laggies Je l’ai vu aux Etats-Unis, il n’est pas sorti en France. C’est dommage, car il fait toujours bon avoir sous la main une rom’ com’ avec Keira Knightley pour faire le plein de looks boho chic à base de jeans délavés, de t-shirts cools et d’injections ça et là de la plus parfaite petite robe.



    Pasolini Le film d’Abel Ferrara qui retrace les derniers moments du réalisateur de Salo tient surtout par la classe, que dis-je, la grâce de Willem Dafoe, sosie parfait, et tellement charismatique dans ces lignes doucement seventies : un mélange d’élégance de l’élite intellectuelle italienne de l’époque, et de coolitude en jean évasé, ceinturon, et blouson de cuir marron. Et puis je VEUX ces lunettes.



    Une nouvelle amie Ce ne sont pas les looks particulièrement qui m’ont intéressée dans le dernier Ozon, histoire d’un homme joué par Romain Duris qui se travestit en femme. C’est l’interrogation sur l’identité sexuelle, celle que l’on ressent et celle qui nous a été assignée. Sur cette part masculine et féminine qui cohabite en chacun de nous. C’est aussi cette manière qu’a le héros, parce qu’il se sent femme, de surjouer l’aspect féminin (maquillage, robe, talons…) quand nous, « vraies » filles, sommes justement moins attirées par tout ça. Ces scènes, aussi, dans lesquelles sa confidente, jouée par Anaïs Demoustier, l’accompagne faire du shopping, et tient le rôle de l’homme, en revêtant des costumes masculins… Bref, j’ai été happée par ce côté « on ne naît pas femme, on le devient », doublé de cette illustration du pouvoir transformateur du vêtement.



    Big Eyes Tim Burton nous plonge dans les sixties avec une Amy Adams affublée d’une coiffure super moche, mais tellement mignonne dans sa silhouette d’artiste composée de capris, ou bien de pantalons larges retroussés jusqu’au mollet, de chemisettes et de sandales plates.



    Eden Là non plus, il ne s’agit pas de looks spécifiques qui me feraient dire qu’il me FAUT ceci ou cela. C’est l’atmosphère. Celle, rendue tellement subtile et envoûtante par la caméra de Mia Hansen Love, des années 90 et du début 2000 dans le milieu de la musique électronique. J’ai lu dans une interview du frère de la réalisatrice, qui a inspiré et co-écrit le film, qu’ils avaient dû un peu actualiser les silhouettes, car les jeans remontés sous les aisselles avec le t-shirt rentré dedans de l’époque auraient plutôt fait rire aujourd’hui ! En tous les cas, ce qui m’inspire, dans Eden, ce sont les ambiances qui se dégagent de cette fresque intimiste, comme par exemple dans une scène sublime qui utilise le Veridis Quo des Daft Punk (un lien extra ici). Même pour une afficionado, comme moi, des looks de cinéma, c’est plus touchant qu’une belle robe ;)



    Chic ! Bah oui : j’aime aussi cette comédie romantique à la française que je trouve gentille, drôle (Laurent Stocker, comme une espèce de Pierre Bergé survolté, est à se tordre) et jolie. Fanny Ardant joue une créatrice de mode forcément fofolle, et Marina Hands son assistante forcément aux petits soins pour elle, mais imbuvable avec le reste de la planète… Le match du style ténébreux, des jupes amples et des chemisiers de la première, vs. les silhouettes affûtées, les tailleurs sombres et les talons en toutes circonstances de la seconde, est juste joyeux. 

    Laure

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    Bon : il se trouve que mon homme a eu envie de me prendre en photo en me voyant passer sous cette plante toute bizarre…


    Peut-être est-ce parce que j’étais en plein Los Angeles à me promener avec une baguette de pain à la main (elles sont si rares ici que quand on en dégote une, on ne la lâche pas ;))… j’ai soudain pris conscience que je portais aussi des Converse + une marinière + un foulard à pois (= le parfait cliché de la frenchie). 

    Je me suis demandée : est-ce que la ville a changé quelque chose à mon look ?

    Oui et non. Ce qui est drôle, c’est qu’il y a un an, à Paris, alors que je n’étais pas du tout sûre de partir, je virais déjà Californienne, casual en jean retroussé et Vans à damiers. J’avais clairement le fantasme d’être ailleurs. Alors que maintenant que j’habite en Californie, je force sans le vouloir le côté Parisienne, qui me rassure autant que lorsque je parviens à dégoter du camembert, des Petit-Ecoliers ou quoi que ce soit de Français.

    Malgré tout, fin 2014, j’ai quand même eu l’impression d’avoir été un peu contaminée par l’esprit Côte Ouest. Bon, je ne me suis pas adonnée au short en jean, ni aux Ugg ni au t-shirt qui dégouline. Mais j’ai acheté pas mal de choses inhabituelles pour moi : un sweat à message, un pull bariolé, et comble du comble, des sandales qui n’étaient même pas des K. Jacques ;) 

    Tout ça, je l’ai regretté très vite. Dévier de mon style ne me satisfait jamais plus que le temps d’un court frisson (en général : dans le magasin). Donc, est-ce que la ville a changé quelque chose à mon look ? Hormis des évidences comme le fait que, quand il fait 35 degrés trois mois de suite, je deviens abonnée aux robes aériennes… disons qu’elle a essayé, mais que, comme je le dis souvent, où qu’on aille, on reste la même personne : donc Parisienne un jour… Parisienne toujours !

    Et je garde la baguette de pain en it-accessoire.

    Laure

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  • 01/25/15--14:30: La citation du lundi

  • « J’use mes vêtements jusqu’à ce qu’ils soient irréparables. Pourtant, il n’y a pas de surplus dans ma garde-robe. J’achète peu, en choisissant très attentivement chaque pièce. »


    Marina Hands dans Elle


    Source photo + une autre interview intéressante Ici


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    Bruce Weber pour le Vogue Italie en 1998 / Source

    • On arrête de fureter dans son armoire avec un regard mauvais et en poussant des « Grrr, qu’est-ce que je pourrais bien retirer… »

    • On arrête d’y penser la nuit / en lisant un livre / quand on est censé bosser / au cinéma

    • On ne compare plus sa garde-robe avec celle de l’héroïne du film qui se change à chaque scène ;)

    • Et on ne rêve plus non plus de son armoire de la taille d’un loft

    • On a aussi arrêté de vouloir un placard high-tech : une tringle, des cintres, quelques tiroirs ou une commode, ça suffit

    • On n’a pas d’envie particulière d’aller faire les boutiques

    • Mais on est d’accord pour y aller parce qu’on a un besoin réel et identifié

    • On ne cherche pas d’idées de choses à acheter dans les magazines

    • On sait qui on est et ce dont on a envie dans la vie et comment le mettre en œuvre

    • Acheter un vêtement juste pour guérir un accès de mauvaise humeur ou faire plaisir à une vendeuse-cerbère est devenu une option improbable

    • On trouve soudain très avant-gardistes ces personnalités qui disent « merde » au système en restant fidèles à leur style : Angela Merkel et ses vestes carrées, la Reine d’Angleterre et son Barbour, notre grand-mère…

    • On préfère s’offrir une sieste plutôt qu’une paire de chaussures

    • On devient philosophe : un vêtement perdu ou abîmé n’est plus un drame d’ampleur internationale

    • On ressent moins la nécessité d’écrire sur ses problèmes de style ;)


    Laure & Jeanne-Aurore

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    source

    Ce qu'il y a de rassurant, c'est que je peux toujours compter sur les nineties. Autant le tapis rouge et les séries mode actuelles me laissent de marbre, autant en tapant "Cameron Diaz 90s" sur le moteur  de recherche de Pinterest, et me voilà excitée comme une puce, avec une armoire essentielle composée en moins de deux secondes. Le col-roulé à cotes épaisses et manches ultralongues ? Check. La jupe en jersey multifonctions (habituellement je ne suis pas une fille à fente, mais là, ça marche) ? Check. Le total-look pantalon chaussures plates ? Check. La coupe de cheveux pas prise de tête ? Check. Je dirais même plus : le Matt Dillon période "Mary à tout prix" ? Check.

    Super inspired by 90's Cameron Diaz and her take on preppy minimal.


    Jeanne-Aurore




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